« Le numérique fait partie des évolutions naturelles de l’agriculture et de l’élevage »

3 questions à Dominique Davy, représentant de l’Acta (Instituts techniques agricoles) au sein du conseil d’administration d’Agdatahub, administrateur de l’Idele (Institut de l’Elevage), président adjoint de Seenovia (entreprise de conseil en élevage) et président de France Conseil Elevage (Fédération nationale des entreprises de conseil en élevage) :

Publié le 15.01.2021

Quelle est la place du numérique et des données dans un quotidien d’exploitant agricole ?

Il est nécessaire de collecter et de mettre en forme toutes les données d’élevage et de culture : le numérique fait partie des évolutions naturelles de l’agriculture et de l’élevage. Aujourd’hui, il faut trois exploitants pour gérer une ferme qui nécessitait le travail de cinq ou six couples, il y a encore 50 ans. Par exemple, le recours aux données GPS est hyper important car il permet de limiter les passages et de gagner du temps. En élevage, via le robot de traite ou d’autres capteurs, on emmagasine un maximum de données utiles.

L’Acta est à l’origine du projet de recherche autour des données agricoles qui a abouti à la création de la plateforme d’échanges de données API-Agro, aujourd’hui opérée par Agdatahub. Comment cela s’inscrit-il dans la stratégie des instituts techniques ?

C’était une évidence pour les Instituts techniques agricoles d’avoir une tête de file pour porter un projet qui peut servir à l’ensemble des agriculteurs et des éleveurs. Aujourd’hui, la collecte de donnée est fiable et le stockage est sécurisé. La plateforme API-Agro est un espace sur lequel peut se faire la transmission, l’échange et donc la mutualisation de ces données. Avec la bonne traçabilité, on aura accès à toutes les données pour suivre l’animal de sa naissance à la table du consommateur. Les soins prodigués, les médicaments donnés : tout est enregistré.

En tant qu’éleveur angevin équipé d’outils connectés, quel est votre regard sur le sujet du consentement à l’usage de vos données agricoles ?

Aujourd’hui, une donnée d’exploitation est collectée, utilisée, ressaisie par l’éleveur qui la transmet à son conseiller, à son inséminateur, etc. Il a besoin que ses données circulent sans être ressaisies, via un système d’échange et de gestion des consentements. C’est-à-dire qu’il faut que différents organismes y aient accès et puissent les travailler. Les éleveurs veulent que le service soit rendu en fonction de ce qu’ils payent. Si l’éleveur engage des dépenses pour collecter des données et si un organisme en bénéficie pour sa propre activité, c’est normal que l’éleveur aie un bénéfice en retour.

Tout éleveur veut savoir où vont ses données et à quoi elles vont servir. Les solutions de consentement bientôt commercialisé par Agdatahub doivent permettre un usage maîtrisé des données agricoles, en lien avec tous les acteurs technologiques du marché.

 

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